Te souviens-tu du parfum de nos rêves?
Je me souviens encore de notre rencontre. Deux petites filles de trois ans à peine. Deux petites filles qui ne connaissaient rien à la vie et que la vie a liée. Je me souviens de nos jeux d'enfants aussi. On ne se lassait pas de jouer à la balançoire dans l'espoir d'atteindre les nuages. Je me souviens d'après-midi ensoleillé dans ton jardin, de discussions enflammées à toute heure de la nuit, de la mélodie de nos rires, de la chaleur de nos sourires. Je me souviens aussi de ton départ, 6 ans après, je me souviens de ma douleur. Parce que Paris du haut de mes 9 ans c'était le bout du monde.
"All the dreams we held so close seemed to all go up in smoke"
Et puis il y a eu nos lettres deux fois par mois. Nos coup de fil de temps en temps. Nos retrouvailles à chaque vacances avec toujours des milliers de choses à se dire. Je me rappelle de balade bras sous le bras à se raconter nos vies et nos déceptions de gamines de 11 ans. Et nos rêves. Toujours plus grands, toujours plus nombreux. Allongés sur nos lits les yeux vers le plafond on rêvait. On rêvait que tu reviendrais à Lyon pour tes études. On rêvait d'une coloc toutes les deux. On rêvait d'une maison avec jardin ou régnerait la joie et la bonne humeur. On rêvait d'un voyage en bateau en Grêce pour nos 20 ans de rencontre. On rêvait de parcourir le monde à deux. On rêvait toujours plus fort, toujours plus haut, persuader que rien ne pourrait nous arriver.
"Les amitiés d'enfances resistent parfois au temps, jamais à la distance.
J'ai toujours pensé qu'on était au dessus de ça toutes les deux. Qu'on serait plus forte que les 500km qui nous séparaient. J'ai toujours cru à un futur commun. Toi qui était tout ce que j'avais de plus précieux. Toi à qui j'écrivais de longues lettres au collège pour me libérer de tout. Toi devant qui j'étalais ma souffrance et mes déprimes de pré-ado. Toi avec qui je passais des heures au téléphone. Toi qui connaissais tout de moi et moi qui connaissais tout de toi. Toi qui était mon trésor, mon soleil, mon point d'ancrage dans cette vie, mon étoile.
Je n'aurais jamais cru que grandir nous séparerait. Oui parce que chacun de notre côté on a grandit. A notre façon, en employant des chemins un peu différents. On est rentrée au lycée, on a croisé de nouvelles têtes. Nos visites se sont un peu espacées, nos lettres aussi avant de complétement disparaître. Nos conversations étaient moins longues, moins axées sur nous. Et puis le temps a passé et je me suis renfermée sur moi. Tentant en vain de t'expliquer à distance ce qui m'arrivais sans non plus vouloir tout dire.
Et puis maintenant, plus rien. Parce qu'on a pas eu la force de se battre pour tout sauver peut-être. Parce qu'on s'est avouée vaincue d'avance face au temps et à la distance. Parce qu'on a laissé faire sans vraiment intervenir. Parce qu'on a pas voulu tout donner pour nous. Parce que maintenant moi j'ai peur que tout soit trop tard.Parce que j'arrive même pas à nous pleurer réellement. Parce que ta photo au dessus de mon lit ne bougera pas. Parce que t'as place est toujours dans mon coeur. Parce que un an et demi sans te voir devient trop dur. Parce que y'a trop de morceau de toi dans ma vie. Parce que je t'ai dans la peau. Parce que je réagis trop tard mais que je garde espoir. Parce que j'aimerais vraiment que ça ne soit pas trop tard. Parce que y'a trop de choses à dire sur nous.
"There ain't a woman that comes close to you"
Texte: by me
Chanson : Angie